vendredi, juin 08, 2007

Je t'aDIORe




Scène I


Jour de fête aujourd'hui, je vous offre en cadeau
La plus douce des offrandes, mais je ne dirai mot
Ce que je vous réserve, vous le saurez en heure
Appréciez, je vous prie, faites-moi cet honneur ...


Vous m'intriguez mon cher, j'en ai l'eau à la bouche
Devrais-je attendre encore, ou par petites touches
Allez-vous déflorer ce secret bien gardé
Dites-moi s'il vous plaît si je vais adorer ?

Je vous connais si bien, je vous connais par coeur
Je vous connais de corps, et je sais vos envies
Donc à votre question, je répondrai par oui
Vous allez adorer et cela me fait peur ...

Vous avez peur mon ange, voilà que je frissonne
Vous si fort et si sûr, comme cela est étrange
Vous m'inquiétez un peu, dans ma tête bourdonnent
Mille questions et plus, oh quel curieux mélange !

Il est temps mon amour de vous dire au revoir
Pour un temps, pour toujours, de vous dire à ce soir ?
Ne vous tracassez pas, je ne serai pas loin
Joyeux anniversaire, je vous aimerai Demain ...

*Même si ...*

Les heures défilent et filent, son impatience grandit
Quel est donc ce cadeau, que son amant chéri
Lui offrira ce soir, quand tombera la nuit ?
Dans sa chambre, elle attend ... allongée sur son lit.

Scène II

Petits coups à la porte, tout discrets et tout doux
Elle sursaute, qui est là ? Elle se lève, aperçoit
Une enveloppe glissée, elle se met à genoux
Une écriture penchée, qu'elle ne reconnaît pas ...

"Qui suis-je pensez-vous, mais nous nous sommes croisées
Au bal du Comte d'Orgel, c'était l'été dernier ...
Je vous ai même frôlée, ai gardé en mémoire
Votre parfum, vos yeux, c'était dans un boudoir ...

Vous sembliez heureuse, rayonnante, divine
Mon regard dévorant a pêché à la ligne
Quelques points dans la flamme de vos yeux exaltés
Un an plus tard ces poings contre le bois frappés ...

Je suis pour vous ce soir, ce cadeau sans papier
A vos désirs soumise, tremblante, intimidée
Le coeur battant très fort, l'entendez-vous trésor
Collée à cette porte, votre oreille, jeu l'amor ...

Je suis là, près de vous, une porte entre nous
De bois vous n'êtes pas, je tends vers votre chair
Je me languis de vous, ouvrez-moi voulez-vous
Si vous ne voulez pas, je m'en irai amère ..."

(Tu me plais)

*Mais si ...*

Scène III

Une femme en cadeau, quelle curieuse façon
Pour mon homme chéri de me dire son amour
Mais aurait-il compris, aurait-il des soupçons
C'est fort possible ma foi, il m'aime nuit et jour ...

Il connaît mes fantasmes, mes peurs et mes secrets
Il aura sans nul doute entendu mes soupirs
Même si je prends garde à ne point le blesser
S'évanouit quelques fois, dans ses bras, mon sourire ...

Je connais cette femme pour l'avoir rencontrée
Et comme j'ai songé, ce soir d'un bel été
A l'aborder, folie ? Oui, cela eût été ...
Elle était si jolie, je l'aurais épousée !

Mais que dis-je ? Je suis folle, perdrais-je la raison ?
Et que dire maintenant à ce cadeau poison ?
Des questions, des questions, ma réponse, elle est là
Je vais ouvrir cette porte et la prendre dans mes bras ...

*Ouverture*

Scène IV

Pas un mot, un regard, une étreinte dans le noir
Deux petits corps étrangers s'étreignent sans bruit
Pas un mot, elles sourient, traversée du miroir ...
C'est étrange, elle s'épousent, qu'elle est belle la vie ...

Un bandeau sur les yeux, des foulards aux poignets
Que commencent la fête, les noces, le banquet
Aux oubliettes Platon, il est temps pour elles deux
De mordre dans la chair, de faire trembler les Dieux

Sur le ventre, l'une expose ses dunes exquises
Les cheveux d'or glissant sur cette peau banquise
Leurs rêves tout feu, tout flamme, sensuellement attisent
Leur antre est océan, qui fouette ces elles marquises ...

Elles osent des baisers, elles osent des caresses
Elles s'emmêlent les doigts, et leurs deux corps se pressent
Impatientes, elles débordent, et sabordent l'Avant
Elles se prennent , se déchirent, se soulèvent en criant ...

Arraché le bandeau, leurs yeux se font l'amour
Ils pleurent d'émotion, tendrement les contours
Elles impriment, elles apprennent, qu'il est doux le discours
De deux corps amoureux, quand ils se font la cour ...

(Quand elles se font l'amour)

Jusqu'au bout de la nuit, elles se cherchent et se trouvent
Les draps blancs tout humides de leurs sueurs mêlées
Tout au fond du tunnel, elles s'enfoncent et découvrent
Une pluie de bonheur, leur désir est salé ...

Elles jouissent, elle explosent, sur la piste aux étoiles
Puis soudain le silence, ultime trait sur la toile
Un doigt se pose enfin et dessine tendrement
Quelques lettres choisies, un "je t'aime" tellement ...

Mais l'aurore déjà pointe le bout de son nez
Est-ce la fin pour elles, n'est-ce que le début ?
Naissance interdite à la porte, sont déchus ...
Ces deux anges, à la Seine ... pas la vie, coupez.

Scène V ... i o l a

samedi, avril 28, 2007

Le silence sonne toujours 3 fois


Mais qu'est-ce qui fait courir les gens
A droite, et puis à gauche, mais qu'est-ce qui les attend
Au tournant, ce destin implacable
Au placard, les désirs innommables
Alors on court à perdre ou à gagner qui sait ?
On court le souffle court, à l'aine, une douleur
D'une violence traître, d'une traite pour l'heure
On court, la peau blanche, l'esclave se reconnaît
Dans sa course il bouscule les aiguilles du temps
Et ses muscles douloureux se souviennent mécontents
Du plaisir savoureux à contempler l'espace
Son trou noir mystérieux, ses étoiles et leur strass
Lui, il stresse, accélère, s'époumone, déraisonne
Sonne le glas dans sa tête, oui sonne, et résonnent
Des idées de bonheur, en prenant à son cou
Ses jambes et puis ses bras, l'équilibriste fou
N'a de cesse de courir, sans savoir où il va
Peu importe le lieu, il force toujours le pas
Même s'il sait que courir n'est que fuite provisoire
Il n'a cure des sermons, et se sait sourd notoire
Se savoir n'exclut pas mille erreurs, au contraire
Ce savoir l'exclut, c'est con, c'est héréditaire ?
Pour ne plus y penser, il court encore plus vite
A droite, à gauche, qu'est-ce qui l'attend vraiment
Au tournant, dans l’virage, une chute, un pansement
Permanent, adhésif pour cacher ses blessures
Un pansement tout blanc sur sa peau blanche et dure
La piqûre, les abeilles réduisent à néant
Ses intentions profondes, c'est là que le bat blesse
Tout en haut, dans son crâne, loge sa tristesse
De n'être plus qu'un corps éprouvé par le temps
Alors il court l'esclave pensant trouver asile
Dans cet espace-temps là où vivent les débiles
Mentalement il n'a plus les aptitudes requises
Pour espérer filer aussi libre que le vent
Alors il laisse aller les volutes exquises
Les sensations volées, il offre au firmament
Tout ce qu'il ne peut faire, mais qu'il aimerait tellement
Oui il offre en cadeau sa sueur et son sang
Et ses organes aussi, s'ils peuvent être utiles
A force de courir, il peine, tout en faiblesse
A pas chassés s'éloigne du précipice sans cesse
Comme une bête traquée, prisonnier sur son île
Il songe à en finir, pauvre diable en personne
Faut-il être maudit pour passer tout son temps
A courir à la vie quand les loups sont absents
A hurler à l'amour quand son nom est Personne
A hurler là tout court quand le silence sonne

Mille fois

Mais qu'est-ce qui fait courir les gens ?


J'ai écrit oui j'ai écrit des tonnes de mots
Sur le sable, sur les murs, sur des châteaux d'eau
Et la mer est venue, effaçant toute trace
Et le temps est venu de déclarer la chasse
Ouverte aux mots perdus, emportés par les flots
Sur le sable, rien n'va plus, car les vagues avalent
Chaque lettre, une par une, les rimes sonnent faux
Elles ont beau s'insurger, elles sont bien mises à mal
Voyelles ou bien consonnes, elles finissent noyées
Même si au fil du temps, des murs disparaissent
Restent les souvenirs, que parfois l'on confesse
Mais qui ne servent à rien quand les eaux sont usées
Mais qui ne servent à rien quand l'évier est bouche ... - et l'on s'arrête - de courir -

viola

dimanche, octobre 01, 2006

Incandescente

A la lumière incandescente, entrevoir une pente
Douce peut-être, douce sûrement
A la lumière un "Quand descendras-tu ?" soufflé au creux du vent
Au creux du cou, ou dans la nuque, douce peut-être ...
Quand la lumière tombe, se brisent les os en grand fracas
Et coulent les eaux des rivières, so be cool be cool
And let it be

A la lumière envahissante, entre et vois cette rampe
Douce peut-être, douce sûrement
Par la lumière envahie, hante un "quand descendras-tu ?" soufflé au creux du temps
Au coeur du corps, là au milieu, un peu à gauche peut-être ...
Quand tombe la nuit, se perdent les eaux
Et s'effritent en douleur les os des mystères, so be free be free
And let it be

De toutes les beautés de l'univers, je n'en retiendrai qu'une
Celle qui coule en travers, celle qui magnifie et sidère
Oh oui celle que nul ne peut ignorer, invisible lune
Celle qui s'effrite sans effroi, qui invite au repère de fortune
Gagnante la beauté, pour qui sait l'entrevoir, juste un rayon qui erre
Oui juste un, celui-là même qui frappe toujours le premier dans les dunes
De sable ou de sel, invitation à y goûter, à s'y poser, face contre pierre

A la lumière éblouissante, deviner tous ces regards pénétrants
Doux peut-être, doux sûrement, serment
Par la lumière éblouie, hante un "Quand descendras-tu ?" volé au firmament
A mercure, à Vénus, à Jupiter, là sur le bord de l'univers, un peu à droite peut-être
Quand tombe la lumière, se mêlent les eaux
Et se collent les peaux, quand s'enferment les amants, fairy tale, fear ...
Féérique, so let it be ...

A la lueur d'une bougie, réchauffer corps et âmes
Douces peut-être, douces sûrement, fermentation, tentation
A la lueur de toute une vie, un "Quand descendras-tu ?" de ton nuage
Cumulus, brouillard qui isole, un peu à droite, si maladroite, si gauche
Quand luisent dans l'obscurité deux yeux, se fondent les regards
Et s'enroulent les esprits, quand se déroule la scène, so be spiritual
Tu as la clef, so let it be ...

De toutes les beautés de l'univers, je n'en retiendrai qu'une
Celle qui inonde, embellit, qui exalte et transporte
Oh oui celle que nul ne peut ignorer, Star-Gate, Full Beauty
Celle qui s'ébruite sans bruit, qui coule de source, insolente
Victorieuse la beauté, pour qui sait la pressentir, juste un faisceau de lumière
Oui juste un, celui-là même qui cogne, petit cœur assené de prières
De psaumes, de cantiques, incantations, invitations à déguster, à décoller, face contre pierre

A la lumière incandescente, entrevoir une pente
Douce peut-être, douce sûrement
A la lumière un "quand descendras-tu ?" soufflé au creux du vent
Au creux du cou, ou dans la nuque, douce peut-être ...
Quand la lumière tombe, se brisent les os en grand fracas
Et coulent les eaux des rivières, so be cool be cool
And let it be

Plus de peur que de mal
La souffrance est épreuve
S’essayer pâle câline
A la beauté du diable
Se complaire en féline
Dans l’engluement fœtal
So let it be, petit scarabée
Scared AB plus, plus de Beau, t’es belle
Incandescente dans la montée …
En été, une pente douce
J’ai été subjuguée
Entraînée dans ta course
Plus de peur que de mal
J’anxiolytique mon cerveau
Et tranquilles, coulent les eaux des rivières, so be cool be cool
And let it be

Free so free

Dôme
Puits
De femme
J’enterre la flamme
Avec le Vieux Fusil.
J’enciele mon âme
Vide est mon artillerie …

Emanent de mon cœur
Des sentiments profonds
Hey woman de mon cœur
La lumière est au fond …

Un tout petit leurre, une beauté antalgique
Une seconde minuscule, une heure microscopique
Un « Quand descendras-tu ? » soufflé au creux du temps
Un "Quand descendras-tu ?" volé au firmament.

V i o l a

Des sens et des mots ...

vendredi, juin 23, 2006

Basse-couture


Je l'ai prise dans mes bras
Et ses os ont craqué
Ont craqué sous mes doigts
Et j'ai longtemps pleuré

J'ai frappé son visage
Et sa bouche a saigné
A saigné sur la page
Que je n'ai pas tournée

J'ai léché tout son sang
Et sa peau a blanchi
A blanchi sous mes dents
Qui mordillaient sa vie

J'ai griffé ses paupières
Et ses yeux ont rougi
Ont rougi comme le fer
Quand brûle l'insomnie

J'ai exploré son âme
Et son cerveau aussi
Usant de mots infâmes
D'elle je me suis nourrie

J'ai embrassé son coeur
De ma langue l'ai goûté
J'ai aimé la saveur
De ce muscle épicé

Et c'est la bouche salée
Les mains ensanglantées
Que je m'en suis allée
Recoudre mon passé.

Et c'est la bouche fermée
Les mains en sang gantées
Que je m'en suis allée
Recoudre mon passé.

viola



La transparence dans le Rouge.





samedi, juin 03, 2006

Les Affranchis

"Elle et Lui"

L'ombre dans la lumière ...

Au seuil, juste au seuil
Il s'est dit « j'aurais dû »
Quel con !

Ah ce conditionnel de malheur !

Au seuil, juste au seuil
Elle s'est dit « si j'avais su » …
Quelle conne !

Ce petit si oui celui-là même
Ainsi soit-il, n'aime pas le conditionnel
Celui qui dit « si j'aurais su … »
Me griffe le cœur et les oreilles

Parfois je vais jusqu'à m'imaginer
La bouille que vous faîtes quand vous me lisez
J'en vois certains tiquer, et se demander
Sourcils froncés, « mais elle nous emmène où là ? »
« Serait-ce un cours masqué de grammaire ? »
Je vous recadre tout de suite
Dans le sang j'ai pas mal de grammes de Mère
Mais côté bled, je suis plutôt larguée
J'ai dépassé le cadre de départ, me suis excentrée
Attendez donc que je me recentre oui attendez

Au seuil, juste au seuil
A l'embouchure
Il s'est exclamé « j'aurais dû » !
Quel con !

Il aurait dû s'il avait su
Mais le savait-elle bien elle-même
Alors qu'aurait-il bien pu faire ce pauvre diable ?

Au seuil, juste au seuil
A l'ouverture
Elle s'est excusée « si j'avais su » …
Quelle conne !

Et je repense à tous ces « si »
Ce qui va suivre n'est que connerie

[Si ce matin-là, je m'étais levée une heure plus tôt
Si ce soir-là, je n'étais pas sortie faire du vélo
Si ce jour-là, je n'avais pas débranché mon téléphone
Si cet hiver-là, je n'étais pas partie en Gascogne
Si ce mardi-là, je n'avais pas ouvert les volets
Si cet été-là, je n'avais pas enlevé mon stérilet

Je t'aurais croisé dans les couloirs
Je t'aurais croisé sur le trottoir
Je t'aurais entendu, une sonnerie, dix sonneries
Je t'aurais rencontré en Italie
Je t'aurais gardé dans mes rêves
J'aurais aujourd'hui un enfant de toi, de ta sève

Mais

Je suis une lève-tard
Je fais trop de sport
Je suis casanière
Je n'aime pas l'Italie
Je déteste les volets clos
Et je l'ai rencontré lui … et c'est son enfant que j'ai porté.]

Il aurait dû …
S'il avait su
Qu'elle le cherchait
Qu'elle l'attendait

Elle aurait dû
Puisqu'elle savait
Aller le chercher par la main
Elle aurait pu d'un geste tendre
Lui faire un signe pour mettre fin
A cette quête, à cette attente
Insupportable, afin qu'il sente …
Qu'elle était à portée de cœur
Il lui aurait offert des fleurs ...

Au seuil, juste au seuil
Elle est restée
Plantée comme un arbre mort
Toute desséchée, sans sève au corps
Il aurait pu lui faire un p'tit
Le p'tit qu'elle a n'est pas de lui
Lui n'a jamais voulu d'enfant
D'une autre femme évidemment

Au seuil, juste au seuil
A l'embouchure
Il aurait tant aimé
Ses petites graines lui donner

Au seuil, juste au seuil
Il est resté
Planté dans une terre non fertile
Il se dit même qu'il est peut-être stérile
Mais il n'en saura jamais rien
Et il s'en fout, il s'en fout bien !

Quand un con et une conne ne se rencontrent pas
Cela fait mal, j'vous raconte pas
Ils vivent de si, et de silence
Ils vivent au seuil, et l'abstinence
Devient un mode de vie en quelque sorte
Leur histoire enterrée avant d'être morte

On peut s'étouffer avec des « si »
On peut crever avec des « j'aurais dû »

Alors si vous m'avez bien lue jusqu'ici
Si j'ai finalement réussi mon pari
Sachez que je nique la grammaire
Sachez que j'en ai rien à faire
Des gens qui pensent avec leur boîte
Qui s'usent le crâne à 4 pattes
Qui restent au seuil, n'entrent jamais
Blasés qu'ils sont, qu'ils suivent ce trait _________

Une flèche un chemin
Celui des "j'ai franchi" !

Au seuil, il se dit « je dois »
Au seuil, elle se dit « je sais »

Deux trajectoires
Croisées
Un p'tit, leur bébé
Une longue vie, leur histoire.

Ah ce présent de bonheur !

Le « SI » n'est plus
Le conditionnel n'est plus

Mais eux, ils SONT.

Il faut avoir été con très longtemps pour en arriver là.
Et je sais que vous le savez.
Et je sais que nous devons tous
Et je sais que nous pouvons tous ...

Franchir ce seuil

Il suffit juste de le vouloir, un peu plus aujourd'hui qu'hier.



Pas besoin de dico pour décoder un cœur
Au seuil de la mort, j'ai envie de sourire
Pas besoin de dico pour trouver l'âme sœur
Au seuil de l'amour, laissons donc les yeux dire

(…)

jeudi, février 02, 2006

[Amours Sous-Marines]

L'invisible que l'on voit danser ...


Au fond de l'océan, c'est Palm Beach mon amour
Sous les flots en dedans, s'enroulent et s'embobinent
Les cheveux des sirènes, et leurs palmes coquines
Séduisants, attrayants sont les fonds, au secours …

Cours, nage et vole
Et souffle
Cours, nage et vole
Respire, expire
Parfume-moi de toi
Cours, nage et vole
Tu fleures si bon, je t'inhale et je souffle …
Au creux de toi, c'est là …

Abyssale, en eaux propres, la noyade est jouissive
Quand ma main mon trésor te ramène à la vie
Ô profonde, je t'aime, et dans l'eau te le dis
Tes écailles sont mots pour baignade en dérive

Rive droite, rive gauche
Mon Saint-Laurent, jette-toi
Dans le lit de mon cœur, dans le lit de mes bras
Rive droite, dérive gauche
Retiens-moi, guide-moi
Sois ma barre, mon soleil
Ecran bleu en mode veille …
Nina Simone, en écho sous les mers

L'émerveillement, dans l'extase sous-marine
Saint algue priez pour nous, démêlez nos cheveux
Vague de doigts sur cuir doux ô ma douce, imagine
John Lennon fredonnant une chanson pour nous deux

Devine, perce, sans contrôle, élucide
Le secret des bas-fonds quand s'endort la lumière
Quand les yeux, petites lampes dans le noir opèrent
Toute leur magie, divine, devine, perce, et trouve
Dans le bassin glacé, à mille pieds sous mer
La malle au trésor recouverte par les temps
Ouvre-la, mon bébé, regarde à l'intérieur
Et viole l'impénétrable de deux perles dorées

Et dors mon petit ange, dors portée par le sel
Laisse aller, laisse aller l'esprit sain, sauve-moi
Délivre-moi tu veux, d'une mort lente et belle
Emporte-moi très loin asphyxie-moi de toi

Et toi cours, nage et vole
Au vent un peu de souffle
A bout, au bout, inspire
Parfume-toi de moi
Oh oui, cours, nage et vole
A la mer, ses marées, ses flux et ses reflux
Tu fleures si bon mon cœur
Je te regarde émue …

Et mue au creux de moi, c'est là …
Je te métamorphe-ose
Remets notre mort à plus tard
A demain si tu veux, dans ta bouche je souffle
Remontent les corps à la surface
De l'océan, c'est Palm Beach mon amour
« Hey bitch, you're not on the list »
Métaphore, pour te dire tout bas ...

Que tu es en apnée la plus belle pour moi.


NB Chavirer n'est pas couler.

mardi, janvier 03, 2006

[La Grande Evasion]








Déveines, us et coutumes.

Sur ton cœur il a plu de la neige
Et ton ciel a cessé de tourner
Dans le flou, dans les airs éternels
Au sommet de ton art partiel
Tu as vu les nuages tomber
Un à un, lentement, sacrilège
Comme plombées étaient leurs ailes et …

Vois … l’horizon à mille pattes
Vois ce désert des Carpates
Ferme les yeux et puis vois …
Là gisant sur le sol des cieux
Un nuage sans eau, malheureux
Pâle d’avoir perdu la foi.

Sur tes os il a plu du silence
Et ton ciel a cessé de briller
Sans un mot, la carcasse confiance
Privée de chair fraîche s’est brisée
Epuisée, rompue s’est la chaîne
Quand la terre a cessé de tourner
Rond, comme mille os qui peinent à …

Voir … sa Vénus aux bras écartelés
Aux pensées décousues, aux rêves inodores
Une sylphide ennuyeuse, là couchée sur de l’or
Une copie non conforme non identifiée.
Voir … l’horizon à quatre pattes
Sombre, se dire, vaincue, la terre est plate.

Sur tes yeux, il a plu des regrets
Et ton âme a cessé de voler
Sans espoir, tu t’es camisolée
Dans un trou noir, l’univers du Jamais
Au plus bas de ton art, c’est à la cour martiale
Que revient l’unique droit de te juger ce soir
Le monde ne tourne pas rond, comme tu as pu le voir.

Comme les rois mages en Galilée
Suivez l’étoile du berger …
Tous feux éteints et drapeau blanc
Comme délavé, à bout de bras, à bout de force
En guise de paix le planter sur le champ
Sortir la lame, violer l’écorce
La sève au bout du fusil
Pour une nouvelle vie, la belle vie, la vie ...

S’évader.